S’il y a bien une fête que je déteste, c’est celle d’Halloween. Une fête à la gloire de la mort et de l’obscurité, où le macabre et le morbide sont violemment jetés aux yeux de tous, petits et grands, sans presque aucune limite aujourd’hui. Quelques exemples vus personnellement : des morceaux de corps démembrés et sanguinolents suspendus à des cordes à linge, des pendus plus vrais que nature sur le bord de la rue, des morts-vivants terrifiants sortants de terre et d’autres scènes qui font cauchemarder. J’ai aussi vu un faux bébé en sang transpercé par un poignard et sauvagement planté sur un poteau face à tous les passants.
Chez soi, à l’abri des regards, à l’arrière de votre maison, chacun fait bien ce qu’il veut, mais l’imposer aux yeux de tous, ce n’est pas normal. Et le principe du consentement ? Si les films d’horreurs sont déconseillés en dessous d’un certain âge, c’est justement parce que ça heurte la sensibilité. Le sang heurte, la mort heurte, d’autant plus quand elle est sauvage. Mais là, plus de limite, on se permet tout sans aucun égard.
On vit dans un monde où des terroristes se donnent à cœur joie d’éventrer, de démembrer, d’égorger (eh oui, même dans nos pays occidentaux ! Ça n’arrive pas que dans le tiers-monde…). N’oublions pas que ça existe, et c’est loin d’être un sujet de se réjouir.
UN PEU D’HISTOIRE
L’origine d’Halloween remonte bien avant la culture populaire moderne. Derrière les déguisements et les bonbons se cache une mémoire bien plus ancienne : celle de Samhain.
Samhain étant la fête celtique qui marquait la fin des récoltes et le passage vers la saison sombre. Ce serait donc juste une fête des récoltes ? Pas vraiment… Les anciens Celtes, et leurs druides en tête, croyaient que durant cette nuit, le voile entre le monde des vivants et celui des morts s’amincissait, permettant aux esprits d’errer parmi les hommes. Et devinez quoi, il était coutume qu’on allume des feux, qu’on dépose des offrandes, qu’on sacrifie des animaux et qu’on porte des masques ou des tenues spéciales pour tromper ou apaiser les esprits. C’était le moment opportun de s’adonner à la divination et de communiquer avec les esprits des morts. On est bien loin des simples couleurs de l’automne… on est déjà plongé dans le spiritisme, l’occultisme. Les années ont passé et aujourd’hui on a un peu changé ces traditions : la forme, mais pas le fond.
- Les navets creusés et illuminés censés guider les esprits des morts et éloigner les mauvais esprits ont été remplacés par des Jack-o’-lantern, les citrouilles scuptées, les « veilleurs de nuit » devant les maisons ;
- les sacrifices et offrandes ont été remplacés par « un bonbon ou un sort ! »… J’ai bien compris ? Donne-moi un bonbon ou tu vas payer ? C’est vrai, le jour d’halloween, on valide le principe de l’extorsion, mais aussi de manger des bonbons donnés par des inconnus… C’est bon-enfant… Non, c’est un exemple de mauvaise attitude. Or, on ne change pas quelque chose de mauvais simplement en lui donnant une bonne intention…
- les masques et déguisements pour faire fuir les esprits, conjurer la peur, sont toujours là, eux.
Cette fête était à l’origine, à la fois agricole, religieuse et spirituelle, centrée sur la mort, les ancêtres et les forces invisibles.
Des siècles plus tard, l’Église catholique tenta de recouvrir ces coutumes païennes par la fête de la Toussaint, All Hallows’ Eve, donnant naissance au mot Halloween. Mais la source spirituelle de Samhain n’a pas pour autant disparu : elle a juste changé d’apparence. On le voit bien, cette fête a gardé son langage symbolique de la mort, des ténèbres et du monde des esprits, même si elle se présente maintenant comme un jeu.
DEUX PROBLÈMES
Je le répète : il y a un problème éthique et un problème spirituel. Les décorations sanglantes, les cadavres, les zombies, les scènes macabres ou les enfants déguisés en créatures de mort banalisent l’horreur et exposent à la fascination du morbide. Elles font de la mort un spectacle. Mais bibliquement et humainement parlant, la mort n’est pas un jeu.
Lorsque la peur et la mort deviennent des objets de divertissement, le cœur s’endurcit sans même s’en apercevoir. L’âme s’habitue à ce qui devrait l’attrister.
On pourrait dire : « ce n’est qu’une fête, c’est l’intention qui compte ». Mais l’intention, aussi sincère soit-elle, ne change pas la nature de ce que l’on célèbre. Boire à une source polluée avec de bonnes intentions n’enlève pas la toxicité de l’eau. Ce n’est pas parce qu’on ignore les origines spirituelles d’une pratique qu’on échappe à son influence. De même qu’un courant électrique agit sur celui qui y touche, les réalités spirituelles continuent d’exister même quand on n’y croit plus.
L’Halloween moderne, débarrassée de ses incantations et de son sens spirituel occulte, garde pourtant la même trame symbolique : la glorification de la peur, la communion avec la mort, la fascination pour les ténèbres. C’est là que réside le danger subtil : croire que parce qu’on ne le fait « pas sérieusement », cela n’a plus d’impact. L’ignorance ne neutralise pas l’influence.
Fêter Halloween, c’est reprendre chaque année, consciemment ou non, les gestes d’une ancienne célébration spirituelle centrée sur la mort et les esprits méchants. Et c’est à chacun, dans sa conscience et son discernement, de choisir ce qu’il laisse entrer dans sa maison, ses yeux et son cœur. Mais lorsque nous ouvrons une porte à la mort et tous ses acolytes, à l’image d’animaux sauvages, soyons certains qu’ils vont s’engouffrer dans notre « maison » et y faire des dégâts. Le monde spirituel de l’obscurité n’est pas un jeu. La divination n’est pas un amusement, c’est une abomination selon la Bible. Et le rôle des chrétiens, c’est justement d’exposer ces choses, et mettre en avant la Lumière du monde, Jésus-Christ. Il est mort pour nous, pour détruire la puissance de la mort, car la mort, pour reprendre les mots de l’apôtre Paul, c’est notre dernier ennemi qui sera détruit. Oui, la mort est notre ennemi, considérons-la comme tel et ne lui donnons pas le micro.
ENFANTS DE LA LUMIÈRE
On m’a répondu un jour que c’était simplement la fête pour les récoltes, d’où les citrouilles à l’avant des maisons. Il y en a une fête des récoltes et ce n’est pas Halloween. C’est Thanksgiving, l’Action de grâce, une fête joyeuse, familiale, qui encourage à la reconnaissance, à dire merci et qui partage la lumière. Rien à voir.
Tout cela ne devrait néanmoins pas nous effrayer. Comme toute autre journée, partageons la Lumière, la bonne nouvelle de la Vie éternelle offerte en Jésus-Christ. Cela peut être l’occasion aussi de prier que le Seigneur se révèle à ceux qui sont en recherchent, à ceux dont le cœur à soif de plus et espèrent trouver le ces réponses dans l’ésotérisme et ces spiritualités qui malheureusement soumettent plutôt qu’elles libèrent.
« 8 Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! 9 Car le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. 10 Examinez ce qui est agréable au Seigneur; 11 et ne prenez point part aux œuvres infructueuses des ténèbres, mais plutôt condamnez-les. » (Éphésiens 5,8-11)
Alors comme nous y appelle l’apôtre Paul, soyons les témoins de la Lumière, Jésus-Christ !



Soyez le premier à commenter